Éditions John Doe

Le jeu de rôle est mort
mais personne n'est venu réclamer le corps

Courrier des légistes n°1

Derriere la porte du frigo

28 avril 2014

En direct de la morgue des éditions John Doe

Édito

Bienvenue dans cette nouvelle publication qui sera disponible tous les quinze jours. Elle se veut un remède à une communication parfois erratique.

Ici nous partagerons avec vous l’avancement de nos projets et nous vous donnerons un aperçu de leur développement vu de l’intérieur. Nous laisserons les auteurs s’exprimer et nous répondrons à vos questions.

Pour ce premier numéro : un éclaircissement de notre politique éditoriale et un état détaillé des projets en cours.

Manu en pleine formeVous êtes nombreux à nous demander des nouvelles d’Emmanuel et de sa santé. Rassurez-vous, comme le prouve cette photo, il va bien mieux…

La politique John Doe

Une diversité assumée

John Doe existe depuis fin 2006 et, à nos débuts, nous avons mis en avant notre volonté de produire des jeux qui soient à la fois complets et faciles à mettre en œuvre, dans un format pratique et, à cette époque, relativement peu usité.

Dès les premières sorties, la diversité a été de mise : le dK System, une pure boite à outils technique d20, côtoyait Final Frontier, un jeu complet avec scénario, trame de campagne et système dédié.

Depuis, cette diversité ne s’est pas démentie mais la visibilité de notre gamme n’est pas toujours optimale : la gamme dK s’est éteinte, faute de ventes suffisantes des suppléments, certains jeux annoncés comme autonomes se sont vus adjoindre du suivi, d’autres annoncés avec une gamme ont manqué le rendez-vous du suivi…

La dictature du coup de cœur

John Doe est avant tout une boite d’auteurs. Si nous l’avons créé, c’est d’abord pour concrétiser nos propres projets. Bien entendu, nous avons accueilli avec grand plaisir les projets extérieurs qui nous séduisaient. Mais dans tous les cas, nous ne publions que ce qui nous plait.

Pas d’étude de marché ou de plan marketing : si le jeu fait vibrer à l’unisson les trois membres du comité de lecture, nous pensons qu’il trouvera suffisamment de lecteurs pour qu’il vive. Nous ne nous sommes donc jamais interdit un projet parce qu’il abordait un sujet de niche…

Gammes et politique éditoriale

Du coup, ça entame clairement la lisibilité de la ligne éditoriale. Jeux tout en un, jeu à suivi, boîtes à outils ? En fait, l’idée commune, la seule qui vaille, reste le jeu, sous toutes ses formes. Que le jeu nécessite un large suivi pour s’épanouir ou que tout soit dit en 90 pages, l’important est que l’on puisse jouer, profiter, vivre une belle expérience commune, essence de notre loisir éminemment social.

C’est pourquoi notre gamme, aujourd’hui, est et va rester éclectique. Ainsi, Oltréé ! a nécessité d’adjoindre des cartes à jouer. C’est la première fois que nous donnions dans les accessoires. Si certains jeux nécessitent à l’avenir un changement de format, plus petit ou plus grand, nous le ferons.

« Jeux à jeter »

Les jeux courts sont-ils des jeux à jeter, comme nous l’entendons souvent ? Le court métrage serait moins noble que le long ?
C’est naturellement une idée que nous ne partageons pas.
Court ou autonome ne veut pas dire jetable. Avant tout, il permet d’expérimenter ambiances, thèmes ou mécaniques de jeu.
N’ayant pas forcément vocation à être ouvert, il peut être sans concessions.
De plus, un jeu court peut se rejouer avec de nouveaux partenaires. La vie d’un bouquin de jdr ne finit pas forcément sur un étagère poussiéreuse : il se revend, se donne, se prête…
L’offre en jeu de rôle est suffisamment large pour que chacun y trouve son compte sans dénigrer une pratique qui ne lui parle pas. Et rien n’empêche de passer de l’un à l’autre type de jeu.

Le point sur les projets

Vous le savez, nous ne sortons les bouquins que lorsqu’ils sont prêts et satisfaisants à nos yeux, même si cela doit engendrer de lourds retards. C’est une des raisons – parmi d’autres – pour lesquelles nous n’avons pas recours aux souscriptions ou au crowdfunding : le jeu a beau mettre du temps à sortir, vous n’avez pas, lecteurs, d’argent à sortir avant sa  publication réelle.

Les serpents de mer

Le suivi d’Icons a été compromis par l’absence d’Emmanuel. Toutefois l’écran est quasiment bouclé : Les illustrations sont livrées, il reste une passe de correction à faire et la maquette à finaliser. Reste à débrouiller le planning.

La campagne d’Hellywood voit enfin le bout du tunnel : les textes sont bouclés et entrés en correction. Les illustrations pleine page (une par scénario, donc 12) sont livrées, tout comme la couverture. Il reste à produire des illustrations complémentaires, comme les portraits des nombreux PNJ, et la mise en page. Il est toujours prévu de rééditer le livre de base en même temps que la campagne.

Le suivi

Fort du très bon accueil que vous avez réservé à son écran, ce sont deux suppléments qui sont en cours de développement pour Bloodlust. Les textes du premier, un recueil de scénarios, sont livrés et le travail graphique a commencé. Le travail continue sur le second supplément. Et le Chagar continue sa publication régulière…

Puisqu’on parle de Bloodlust, sachez que le livre de base est maintenant épuisé chez notre distributeur. Il doit toutefois en rester quelques uns en magasin. Dans tous les cas, le livre va être prochainement réimprimé.

Oltréé ! va se voir adjoindre un copieux Compagnon qui devrait atteindre les 200 pages et offrira 54 nouvelles cartes. Niveau d’avancement : les derniers textes sont en cours d’élaboration.

Les futurs jeux

Anthony « Yno » Combrexelle a livré les textes d’Americana, une campagne très grande envergure. Nous avons pu en commencer la lecture, enthousiasmante. L’auteur, génial touche à tout, doit maintenant s’occuper du graphisme de l’ouvrage, puisque comme à son habitude, il prend en charge son bébé de A à Z.

La traduction de Stars Without Number continue. Ce sera indéniablement un gros pavé au vu nombre de signes, plus d’un million. L’illustrateur, Stéphane Courvoisier, a de son côté commencé à livrer ses dessins, dont la couverture, que nous partagerons bientôt avec vous.

Nous le savions, Quantiquité est un projet de longue haleine, dont nous vous reparlerons en détail dans un prochain numéro du Frigo. Pierrick est un perfectionniste qui gère aussi bien l’écriture que le graphisme du bouquin. Il prend son temps pour livrer un univers de science-fiction poussé dans ses moindres détails et une grande campagne qui en exploitera toutes les finesses. C’est du boulot de très grande volée, mais ça prend du temps…

Enfin, le web s’est fait l’écho du projet Crépuscules. Oui, le jeu est prévu mais son développement ne fait que commencer et nous ne souhaitions pas communiquer dessus : pour l’instant, il s’agit encore de tester les principes et les choix qui sous-tendront le jeu. Concevoir un jeu, c’est aussi et surtout le confronter à des joueurs : si nous avons parlé de Crépuscules, c’est parce que le jeu a été mis au programme de quelques conventions.

Le tiroir du bas

Le Chagar

Déjà 28 numéros du Chagar enchaîné, cette publication pdf emmenée par Rafaël et François, les auteurs de Bloodlust Metal. Vous pouvez télécharger les numéros sur le site du Mois des Conquêtes

Americana

Si vous souhaitez en savoir plus sur le prochain jeu d’Yno, sachez que l’auteur tient un journal des avancées du projet sur son site.

Le blog de Stéphane Courvoisier

Ce talentueux dessinateur a pris en charge les illustrations de Stars Without Numbers. Sur son blog, il en présente quelque unes, aux côtés de nombreux travaux montrant l’étendue et la qualité de son univers graphique.

Inspis

Pour ce premier numéro, voici trois bandes dessinées qui devraient inspirer les Voix-Off, meneurs de jeu d’Hellywood. Nous n’avons pas d’actions chez Dargaud, mais niveau polar, il y a du lourd chez eux…

  • Tyler Cross, par Nury et Bruno, Dargaud : un bon polar opposant un tueur sans scrupules, Tyler Cross, au magnat local d’un bled paumé, le tout autour d’un gros paquet d’héroïne. Ca va saigner chez les ploucs ! Classique mais fort bien réalisé, idéal pour jeter des tough guys dans un nid de vipères.
  • Parker, par Darwyn Cooke, 4 tomes parus en V.O chez Image Comics : adapté de Richard Starck, alias Donald Westlake, le trait acéré et délicieusement rétro de Cooke permet de redécouvrir les aventures de Parker, l’archétype du gangster froid et méthodique, qui n’hésite pas une seconde à se mesurer à la mafia. Une merveille à découvrir sans tarder. La VF parait chez Dargaud.
  • BlackSad vol.5 « Amarillo », Canales et Guarnido, Dargaud. Notre chat détective privé préféré se lance dans un véritable road movie, genre américain par excellence et bel hommage à la beat generation. Un joli album, un peu moins percutant que les précédents, mais empreint d’une belle mélancolie. Et toujours une magnifique galerie de portraits pour tout MJ d’Hellywood.