Décou­vrez le jeu de rôle Blue Shock Video, adap­té des films de Ste­phen di Leo par Emma­nuel Gharbi

Réser­vé à un public majeur et aver­ti
Pré­com­mandes pré­vues en Juin 2026

Horreur & Errances motorisées

Comme les per­son­nages des films du réa­li­sa­teur amé­ri­cain Ste­phen di Leo, Blue Shock Video vous invite à inter­pré­ter des Voya­geurs arpen­tant sans fin les back-roads d’une Amé­rique désen­chan­tée de la fin des années 70 : la Zone.

Auto­di­dacte et farou­che­ment indé­pen­dant, di Leo a créé une sorte d’u­ni­vers par­ta­gé reliant tous ses films (24 longs métrages en 11 ans, de 1977 à 1988), tous dis­tri­bués par sa propre entre­prise, Blue Shock Video, dont le jeu de rôle tire son titre.

Au-delà de leur qua­li­té ciné­ma­to­gra­phique, dis­cu­table et dis­cu­tée, ces films explorent un uni­vers étrange, déran­geant et cryp­tique, fouillant les tripes d’une Amé­rique malade et vio­lente, uti­li­sant le film de genre pour expo­ser l’ob­ses­sion reven­di­quée par le cinéaste : « l’o­ri­gine du mal ».

Avec BSV, vous allez pou­voir prendre vous-même la route et explo­rer la Zone, cet uni­vers adja­cent au nôtre mais où tout peut (et va) déraper. 

Sau­rez-vous le décryp­ter ? Sau­rez-vous y survivre ? 

Couverture du jeu de rôle Blue Shock Video - Laetita Combe

« Nous sommes dans la Zone, Moni­ca. Et nous y sommes depuis si long­temps qu’on ne se sou­vient plus d’autre chose ».
Mel Scarr à Moni­ca Banks dans « Road Killers from Hell – Part II »

Ambiance

Gore, body hor­ror, hor­reur psy­cho­lo­gique… Un jeu à ne pas mettre dans toutes les mains.

La Zone est sale. Elle empeste l’asphalte sur­chauf­fé, l’essence, la pous­sière, la gomme de pneu brû­lée, l’urine rance, la sueur, le sang, la poudre, l’alcool éven­té, la cha­rogne pour­ris­sant au soleil et la merde… La Zone pue la mort. Il s’y cache des choses atroces. Il y a des vic­times et des pré­da­teurs. Sur ces routes sans fin, dans ces lieux aban­don­nés, ces ville sinis­trées, ces ruines rouillées, ces forêts pois­seuses, ces marais putrides, la vio­lence et la peur règnent. Le mérite ne rime à rien et ne sauve per­sonne. La réa­li­té semble par­fois bafouiller et ce que l’on tenait pour acquis s’effondrer.

Gar­der des nerfs d’acier face un à pré­di­ca­teur exal­té et sa suite de fidèles fana­tiques, pro­té­ger un gamin mena­cé par une enti­té sor­tie de ses propres cau­che­mars, ren­con­trer d’étranges vaga­bonds qui refusent de mou­rir, s’in­tro­duire dans la baraque laby­rin­thique d’une bande de chas­seurs dégé­né­rés qui l’ont pié­gée du sol au pla­fond, sabo­ter le pick-up d’un red­neck stu­pide et sadique, mener un raid contre le bas­tion d’un gang de motards ultra-vio­lents, se mesu­rer au plus retors et mys­tique des tueurs en série, se faire pas­ser pour une ven­deuse d’armes auprès d’un groupe de mil­lé­na­ristes exal­tés, dis­cré­di­ter le lea­der d’une bande de ban­lieu­sards bien-pen­sants prêts à faire un lyn­chage, sup­por­ter la décou­verte d’une atroce scène de sui­cide col­lec­tif, vous enfon­cer dans cet étrange tun­nel qui ne devrait pas être là…

Une seule cer­ti­tude : vous allez en baver. Il y aura de la vio­lence gra­tuite, de la sueur, du sang, des larmes, des hur­le­ments, des chairs lacé­rées, des choix déchi­rants, d’atroces chan­ge­ments phy­siques et men­taux. Vous allez perdre des mor­ceaux de vous-même, au propre comme au figuré.

Le Tre­pa­na­tor, boo­gey­man pré­fé­ré de Ste­phen di Leo. Il sera la star de 4 films et fera d’autres appa­ri­tions en « vedette invi­tée » – Illus­tra­tion par Lae­ti­tia Combe

Le jeu

BSV est à la fois un jeu de rôle com­plet, offrant un sys­tème simple et nar­ra­tif adap­té à l’u­ni­vers du cinéaste, et une cam­pagne bac-à-sable prête à l’emploi.

  • Les Voya­geurs, comme nous appe­lons les joueuses, sont tous mûs par une quête per­son­nelle, une moti­va­tion si forte qu’elle leur a fait prendre la route sans se retour­ner. Qu’il s’a­gisse de retrou­ver quel­qu’un, de décou­vrir une cer­taine véri­té ou tout sim­ple­ment de fuir le plus loin pos­sible, leur vie d’a­vant n’est plus qu’un flou bru­meux et leur obses­sion les pousse tou­jours plus loin dans la Zone. 
  • La cam­pagne sera l’oc­ca­sion pour les Voya­geurs de, peut-être, résoudre leur quête… ou d’é­chouer. Dans les deux cas, il se peut qu’ils ne sortent jamais de la Zone. Il se peut aus­si, à la fin du voyage, qu’ils ne soient même plus véri­ta­ble­ment humains. 
  • La cam­pagne se joue en mode bac-à-sable : la Road Map indique une série d’é­tapes à explo­rer dans l’ordre vou­lu par les Joueuses. Bien sûr, cer­tains lieux seront cachés et leur décou­verte dépen­dra des indices décou­verts dans d’autres emplacements. 
  • La cam­pagne offre 16 étapes, qui sont autant de scé­na­rios. Le tout forme une ligne rouge qui per­met­tra aux Voya­geurs de lever le voile sur la nature de la Zone. Bien sûr, ajou­ter des scé­na­rios stand alone est tou­jours pos­sible et nous vous en pro­po­se­rons plusieurs.

Stephen di Leo (1950 – 1995)

Issu d’une famille aisée de Man­hat­tan, Ste­phen di Leo est un enfant dif­fi­cile et fan­tasque. A 19 ans, il hante la célèbre 42ème rue (le fameux « Deuce »), quar­tier le plus cri­mi­no­gène de New York, où se suc­cèdent ciné­mas décré­pits, bâti déla­bré et clubs de strip­tease. Il dévore com­pul­si­ve­ment tous les films et tous les genres pos­sibles, du kung fu à la nou­velle vague fran­çaise. Il crée une com­pa­gnie de théâtre expé­ri­men­tal avant de faire ses pre­mières armes de réa­li­sa­teur sur des tour­nages por­no­gra­phiques. Il réa­lise nombre de court-métrages shoo­tés sans auto­ri­sa­tion, décri­vant la vie quo­ti­dienne de ses voi­sins : pros­ti­tuées, des sans abris, jun­kies ou artistes d’avant-garde. 

En 1977, il créé sa propre socié­té de pro­duc­tion : Blue Shock. Aban­don­nant la « grosse pomme », il part sur les routes amé­ri­caines accom­pa­gné d’une véri­table troupe de comé­diens et tech­ni­ciens, sa « famille ». Touche à tout de génie, il écrit, réa­lise et com­pose la musique des films. L’ac­trice Moni­ca Banks, véri­table muse, joue­ra dans 10 de ses films et par­ta­ge­ra épi­so­di­que­ment sa vie dans une rela­tion tumul­tueuse, mar­quée par l’ad­dic­tion, à l’al­cool pour lui, à l’hé­roïne pour elle. 

Moni­ca Banks – illus­tra­tion de Lae­ti­tia Combe

Conspués par la cri­tique, ran­gés en série Z et qua­li­fiés de nanars, les films de di Leo n’ont qu’une dif­fu­sion très limi­tée en salles. Com­pre­nant très vite le poten­tiel de la vidéo et des tout pre­miers video-clubs, di Leo renomme Blue Shock en Blue Shock Video et ses péloches gore, fou­traque et cryp­tiques car­tonnent en VHS, avec leurs célèbres jaquettes bleu fon­cé et leurs affiches bario­lées. En France, seuls 3 de ses films sor­ti­ront au ciné­ma et 5 autres en VHS, caviar­dés d’in­serts porno.

Deux drames marquent une vie déjà déchi­rée par les épreuves et l’al­cool. En 1982, son fils unique, Nathan, dis­pa­rait à l’âge de 11 ans, alors que l’é­quipe fête la fin d’un tour­nage. L’en­fant ne sera jamais retrou­vé. En 1986, Moni­ca Banks, retom­bée sous l’emprise de la drogue, dis­pa­rait à son tour. Di Leo ne réa­li­se­ra plus que trois films avant de mettre fin à sa car­rière en 1988. 

Alors qu’une cer­taine recon­nais­sance cri­tique com­mence à réha­bi­li­ter son oeuvre (il est invi­té au Fes­ti­val d’A­vo­riaz en 1990), on perd sa trace. Il décède en 1995, à l’âge de 50 ans, dans un hos­pice miteux du Queens. Son corps de vieillard, usé par les abus, ne pesait plus à sa mort que 42 kilos…

Aujourd’­hui, l’oeuvre de Ste­phen di Leo est majo­ri­tai­re­ment oubliée. Seuls quelques fans entre­tiennent la flamme. Jamais édi­tés en DVD ou en Blu-ray, il n’en reste que les VHS d’é­poque, qua­si­ment introu­vables. Les droits des films forment une nébu­leuse inex­tri­cable et le maté­riel visuel et sonore est soit per­du, frag­men­taire ou irré­mé­dia­ble­ment détérioré.

Blue Shock Video, le jeu de rôle, entend aus­si rendre hom­mage et faire décou­vrir ce cinéaste mécon­nu et sur­pre­nant dont voi­ci la filmographie : 

  • Flesh Hun­ger aka Feast of Flesh – 1977 – vf : « Les can­ni­bales en folie »
  • The Demon in Room 14 – 1977 – Non dis­tri­bué en France.
  • The Hun­gry Cars aka Motor Rage- 1977 – Non dis­tri­bué en France
  • Fur­naces of Death – 1978 – Non dis­tri­bué en France
  • The Devil Hill Mas­sacre – 1978– vf : « le culte de la mort »
  • The Tre­pa­na­tor – 1979 – Non dis­tri­bué en France
  • Bloo­dy Woods – 1979 – vf : « Ter­reur dans les bois »
  • Road Killers from Hell – 1980 – Non dis­tri­bué en France
  • A killer comes by aka Behea­dings – 1980 – Non dis­tri­bué en France
  • The Last Mall on Pla­net Earth – 1981 – Non dis­tri­bué en France
  • Road Killers from Hell Part 2 : The Revenge of Mel Scarr – 1982 – vf : « les démons de l’autoroute » aka « Du sang sur l’asphalte »
  • Soro­ri­ty of Blood – 1982 – vf : « le bor­del de l’horreur »
  • Tre­pa­na­tor 2 – The Quest – 1982 – Non dis­tri­bué en France
  • Blood Suckers Motel aka Remi­nis­cence aka Where the Soul Dies – 1982 – Non dis­tri­bué en France
  • Devou­red ! aka The Beast is alive ! – 1983 – vf : « les crocs de la mort ».
  • An Inch from Hell – 1984 – Non dis­tri­bué en France
  • Tre­pa­na­tor III – 1984 – vf : « le sadique au scalpel »
  • The skies are dark red – 1985 – Non dis­tri­bué en France
  • Kar­ma­pa­loo­za Extra­va­gan­za ! – 1985 – Non dis­tri­bué en France
  • Sani­ty of Ter­ror – 1986 – Non dis­tri­bué en France
  • The Whip and the Hol­ly Cross aka Dark Whis­pers – 1986 – vf : « Les nonnes lubriques de l’enfer »
  • Dif­for­mi­ty – 1988 – Non dis­tri­bué en France
  • The New Flesh Hun­ger – Cult of the Nega­God – 1988 – Non dis­tri­bué en France
  • Tre­pa­na­tor IV : Inside the laby­rinth – 1988- Non dis­tri­bué en France

The Devil Hill Mas­sacre – 1977

Road Killers from Hell – 1980

Les inspirations de BSV

Outre l’oeuvre de Ste­phen di Leo, le jeu de rôle Blue Shock Video s’est ins­pi­ré de plu­sieurs films. Toutes ces ins­pi­ra­tions, et d’autres, seront détaillées dans le livre de base de BSV afin d’ai­der le Meneur de Jeu à défi­nir l’am­biance de ses parties. 

  • The Texas Chain­saw Mas­sacre, de Tobe Hoo­per (1974)
  • Mad Max (1979) et Mad Max 2 (1981), de George Miller
  • Phan­tasm (1979) et ses suites, de Don Coscarelli
  • The Hit­cher, de Robert Har­mon (1986)
  • Frayeurs (1980) et L’Au-delà (1981), de Lucio Fulci
  • Lost High­way, de David Lynch (1997)
  • Man­dy, de Panos Cos­ma­tos (2018)

BSV, un jeu parodique ? 

S’il adapte des films que d’aucuns aiment qua­li­fier de nanars ou de séries Z, BSV n’est en rien un jeu paro­dique ou second degré. Au contraire, il est ter­ri­ble­ment pre­mier degré. Il ne s’agit pas ici pour les per­son­nages de se moquer des films de di Leo, mais de les vivre dans leur chair.

C’est pour­quoi le jeu est conseillé aux adultes consentants.

L’équipe

  • Concep­tion et écri­ture : Emma­nuel Gharbi 
  • Illus­tra­tions ori­gi­nales : Lae­ti­tia « Nyden­la­fée » Combe
  • Maquette et gra­phisme : Pier­rick May
  • Une pro­duc­tion John Doe Editions

« – J’ai dor­mi comme une masse… Mer­ci d’avoir conduit. Ça va ?
- Ouais
- On est où là ?
- Je sais pas… Quelque part en Ore­gon, je dirais.
- En Ore­gon ? Mais qu’est ce qu’on fout en Oregon ? »